Archives pour la catégorie Savoir

Les mè­tres de l’espace et du temps

Le pavillon de Breteuil

Niché à Sèvres au cœur du parc de Saint-Cloud, le pa­villon de Breteuil est le siè­ge du Bureau in­ter­na­tio­nal des poids et me­su­res (BIPM). Un si­te ex­cep­tion­nel où l’on as­su­re la co­hé­ren­ce in­ter­na­tio­na­le des uni­tés de me­su­re.

Les mis­sions du BIPM, créé par la Convention du Mètre si­gnée à Paris en 1875, sont de conser­ver, d’améliorer, de dif­fu­ser et de co­or­don­ner le sys­tè­me in­ter­na­tio­nal d’unités (SI). C’est-à-dire de tra­vailler sur les dé­fi­ni­tions théo­ri­ques des uni­tés de me­su­re et sur leurs re­pré­sen­ta­tions ma­té­riel­les, ces éta­lons que le BIPM dis­sé­mi­ne à tra­vers le mon­de pour s’assurer que, par­tout, les mè­tres me­su­rent un mè­tre et les gram­mes pè­sent un mil­liè­me de ki­lo­gram­me ! Dix-sept États si­gna­tai­res à l’origine, cin­quan­te-cinq États mem­bres aujourd’hui, une confé­ren­ce gé­né­ra­le qui se réunit tous les qua­tre ans en­vi­ron : les en­jeux au­tour des uni­tés sont in­ima­gi­na­bles pour le néo­phy­te. Raison de plus pour al­ler y voir de plus près. Continuer la lec­tu­re de Les mè­tres de l’espace et du temps 

Construis-moi un col­lè­ge !

Collège Jacqueline-Auriol, Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine)
Collège Jacqueline-Auriol, Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine)

La construc­tion des col­lè­ges est une des com­pé­ten­ces es­sen­tiel­les d’un conseil gé­né­ral. Un do­mai­ne aux en­jeux mul­ti­ples dont on ne me­su­re pas tou­jours la com­plexi­té. Toutes les ré­pon­ses ou pres­que à la ques­tion : com­ment construit-on un col­lè­ge ?

Le col­lè­ge a beau­coup chan­gé… Pas seule­ment l’institution et ses pro­gram­mes, mais le bâ­ti­ment lui-mê­me. Beaucoup de pa­rents se sou­vien­nent du lieu de leurs chè­res étu­des, à cet âge ado­les­cent où l’énergie est une fa­çon de vi­vre et la li­ber­té un mo­de d’emploi des li­mi­tes… Cour cen­tra­le, ga­le­ries d’étage aux ram­bar­des de fer, ali­gne­ments in­fi­nis de por­tes clo­ses : la nos­tal­gie n’est pas for­cé­ment au ren­dez-vous… Le mo­dè­le ar­chi­tec­tu­ral des au­tres siè­cles a vé­cu, mê­me s’il a comp­té des joyaux qu’on ai­me en­co­re vi­si­ter à l’occasion des jour­nées du pa­tri­moi­ne. Partout aujourd’hui, le col­lè­ge est à la fois un mor­ceau d’architecture et une piè­ce d’urbanisme, un ins­tru­ment édu­ca­tif et un lieu à vi­vre. Dans un dé­par­te­ment, il est aus­si un élé­ment es­sen­tiel de la cultu­re : une écri­tu­re pu­bli­que, un ges­te po­li­ti­que ma­jeur.  Continuer la lec­tu­re de Construis-moi un col­lè­ge  ! 

Collège du fu­tur

Collège Descartes (image de synthèse), Antony (Hauts-de-Seine)
Collège Descartes (ima­ge de syn­thè­se), Antony (Hauts-de-Seine) © INCUBE INFOGRAPHIE

En avant-pre­miè­re, l’avenir du col­lè­ge Descartes d’Antony ima­gi­né par l’agence TOA ar­chi­tec­tes as­so­ciés.

Nous som­mes aux confins d’Antony, exac­te­ment là où le dé­par­te­ment bap­ti­sé par la Seine cè­de la pla­ce à ceux bai­gnés par la Marne et l’Essonne. Il y a des fron­dai­sons à l’horizon du che­min de Massy à Fresnes. Ru de Rungis, zo­nes hu­mi­des : l’eau n’est ja­mais loin dans ce bas­sin de la Bièvre. Le quar­tier est en plein bou­le­ver­se­ment : ici, la Région pro­cè­de à la re­struc­tu­ra­tion des bâ­ti­ments du ly­cée ; là, le Cemagref, l’institut de re­cher­che en scien­ces et tech­no­lo­gies pour l’environnement, ré­no­ve ses ins­tal­la­tions. Entre les deux et pour quel­que temps en­co­re, le col­lè­ge Descartes – old school si l’on ose di­re puis­que le Département a dé­ci­dé de pro­cé­der à sa re­cons­truc­tion. Continuer la lec­tu­re de Collège du fu­tur 

Nos an­cê­tres les Gaulois

Poteries nanterriennes du Ier siècle av. J-C.
Poteries nan­ter­rien­nes du Ier siè­cle av. J-C

Toute la Gaule, ou pres­que, était cel­te. Nul be­soin de ré­sis­ter à l’envahisseur ro­main : il ne s’était pas en­co­re aven­tu­ré jus­que-là. Cela n’allait pas du­rer, mais on ne le sa­vait pas. C’était il y a plus de vingt-deux siè­cles, à Nanterre. C’était les Parisii, nos an­cê­tres gau­lois.

Fidè­les de la sé­rie Rome, ou­bliez l’image des Gaulois vain­cus, sou­dards hir­su­tes et avi­nés qui font ré­gner la ter­reur sur les col­li­nes de l’Aventin… « C’est le re­gard du vain­queur ro­main, mais de­vons-nous po­ser sur les Gaulois ce re­gard-là ? » confie ma­li­cieu­se­ment Antide Viand, ar­chéo­lo­gue dé­par­te­men­tal des Hauts-de-Seine et com­mis­sai­re de l’exposition Nanterre et les Parisii1. Une pre­miè­re en Île-de-France : la pré­sen­ta­tion au pu­blic d’une par­tie du ma­té­riel trou­vé lors des fouilles me­nées à Nanterre en­tre 1994 et 2005, en­ri­chie d’objets mis au jour à Bobigny, le tout ra­con­tant ce que fu­rent les Parisii en­tre le IIIe et le Ier siè­cle avant no­tre ère. Objets res­tau­rés, re­pro­duc­tions à l’identique d’armes et d’outils par des ar­ti­sans d’aujourd’hui, mi­se en scè­ne de la vie quo­ti­dien­ne, bref, tout ce que vous avez tou­jours vou­lu sa­voir sur nos an­cê­tres les Gaulois et que César nous avait ca­ché… Alors, s’ils ne sont pas les bru­tes que l’histoire ro­mai­ne a conser­vées, qui sont-ils ? Continuer la lec­tu­re de Nos an­cê­tres les Gaulois 


  1. Nanterre et les Parisii, une ca­pi­ta­le au temps des Gaulois ? Printemps 2008 à l’Espace Paul-Eluard, Nanterre 

Le dé­clin de l’Empire amé­ri­cain

Dernier lever des couleurs françaises à la Nouvelle-Orléans, École américaine, 1803.
Dernier le­ver des cou­leurs fran­çai­ses à la Nouvelle-Orléans, École amé­ri­cai­ne, 1803 © RMN

1803-2003 : le bi­cen­te­nai­re de la ven­te de la Louisiane aux Américains par Bonaparte. Au de­là de l’anecdote exo­ti­que, l’événement né­go­cié à Rueil-Malmaison est un tour­nant ma­jeur dans l’histoire des États-Unis.

On sa­vait Malmaison ré­si­den­ce du cou­ple Joséphine et Napoléon. On en de­vi­nait l’importance dans le gou­ver­ne­ment de la France consu­lai­re. L’imaginait-on es­sen­tiel­le dans l’histoire des États-Unis ? Car en sui­vant les vi­si­teurs amé­ri­cains qui s’en vien­nent en jan­vier 1803 né­go­cier avec le pre­mier Consul – on re­con­naît au pre­mier rang James Monroe, mi­nis­tre plé­ni­po­ten­tiai­re du pré­si­dent Jefferson et fu­tur pré­si­dent lui-mê­me – nous voi­ci, si l’on ose di­re, à Malmaison Blanche. Mais quel est donc l’objet du dé­bat ? La Louisiane, tout sim­ple­ment. Non pas l’État qu’on connaît aujourd’hui, grand com­me un gros quart de la France, mais la Grande Louisiane, un ter­ri­toi­re de plus de deux mil­lions de ki­lo­mè­tres car­rés, plus vas­te alors que la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Espagne, le Portugal et l’Italie réunis ! Continuer la lec­tu­re de Le dé­clin de l’Empire amé­ri­cain