Archives par mot-clé : Jazz

1 CD Papillon jaune

Try ! Quartette d’Airelle Besson

Compositrice, trompettiste, lauréate de tous les prix imaginables, Airelle Besson a constitué un quartette fondé sur la suavité plus que sur la virtuosité, or on sait combien il faut redoubler de virtuosité pour la faire oublier. Le batteur Fabrice Moreau et le pianiste Benjamin Moussay partagent l’idée du jazz comme un des beaux-arts sculptant l’espace. Suédoise, la chanteuse Isabel Sörling pratique l’essence au détriment des apparences. Les quatre dessinent ensemble un univers éclaboussé de lumière. Lyrique, ce disque l’est tout autant par l’exaltation colorée des mélodies que par le dédoublement du chant qui semble passer de la voix à la trompette dans une même spirale. Il serait vain de chercher à résister.

Brad Mehldau, Keyboard Wizard

Brad Mehldau © MICHAEL WILSON

Velours rouge, le pianiste Brad Mehldau était en solo à l’Espace-Malraux de Six-Fours1. Pas pour les rideaux de scène ni cette élégante chemise qui lui donnait l’allure d’un méditant zen. Mais pour le velours d’une musique savante, virtuose et sensuelle.

On laissera les spécialistes mieux qualifiés définir le jeu Mehldau, équilibre dit-on idéal entre le vertical et l’horizontal – les accords et les lignes, l’harmonie et les voix –, et le souci clairement audible – et sur scène visible – de ne jamais privilégier une main au détriment de l’autre, au contraire, de les croiser, physiquement, d’en faire réponse, écho, contrepoint. On leur confiera également l’analyse du son, souvent percussif en diable et qui ce soir-là était d’une suavité scintillante – peut-être après tout y avait-il aussi de la soie dans ce rouge…

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  1. Brad Mehldau, Espace-Malraux, Six-Fours, mardi 13 octobre 2015 

Ibrahim Maalouf

À La Défense Jazz festival 2013, le jeune trompettiste vient jouer en quintet ses dernières compositions : Wind, sur scène entre les tours, ça souffle !

© Denis Rouvre Je n’ai pas d’autre moyen d’expression fiable que la musique. Elle m’aide à trouver un certain équilibre entre l’intériorité et la jubilation. J’ai une envie extrêmement puissante de vivre, de faire des choses, de rencontrer du monde, de voyager, mais parallèlement, j’ai une conscience très forte et absolue de la fragilité de nos vies et de nos êtres. C’est cette ambiguïté qui nourrit ma musique.”

Secret, Ibrahim Maalouf ? Oui, sans doute. Mais affable aussi, disert quand le sujet le passionne, pas ennemi à l’occasion de l’humour pince-sans-rire. Bref, un homme complexe. Et un musicien d’une singulière générosité. À trente-deux ans, le compositeur-trompettiste, premier prix du Conservatoire de Paris, lauréat de concours internationaux, enchaîne les collaborations. On pourrait en faire une litanie façon Vincent Delerm, avec qui il a d’ailleurs beaucoup travaillé. Au hasard des préférences de chacun : Lhasa de Sela, Bojan Z, Tigran Hamasyan, Oxmo Puccino, M, l’orchestre de chambre de Paris, Serge Teyssot-Gay, Sting, Amadou et Mariam…

Le point commun ? Cette trompette à quatre pistons qui lui permet de jouer les quarts de ton des musiques arabes traditionnelles – et des envolées contemporaines. « Comme si vous ajoutiez des touches supplémentaires entre les touches blanches et noires du piano. » Une invention de son père et mentor, Nassim Maalouf : « Cette trompette, c’est le fil conducteur, un vecteur de création formidable parce qu’il est unique. Forcément, cela stimule mon imaginaire. » Lire la suite Ibrahim Maalouf