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Køuples, en deux temps trois mouvements

Køuples © CHRISTOPHE DELLIÈRE / OPERACT
« Nous avions envie de par­ler de la sur­con­som­ma­tion, des années soixante et soixante-dix, de toute cette époque gra­phique, de la mode… Et de l’évolution du couple : la ren­contre, la jeu­nesse, la fraî­cheur, la crise de la qua­ran­taine, enfin le couple vieillis­sant. Les per­son­nages ne maî­trisent rien du tout, ce sont les choses qui les maî­trisent. » (Ste­phan Grö­gler, concep­tion et mise en scène)

Køuples1spectacle conçu et mis en scène par Stephan Grögler, est une trilogie trépidante sur le cas du couple avec de l’eau – barrée – dans le gaz… Trois vaudevilles musicaux d’un autre siècle, ravivés par l’imagerie des sixties et des seventies diffusée sur écrans, rhabillés de costumes impossibles : robe jaune strident, pantalons pattes d’éph orange amer, rayures, col pelle à tarte et combinaisons métallisées…

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  1. Køuples, créa­tion les 24 et 25 novembre 2017 à la Mai­son de la musique de Nan­terre 

Dans les rangs de l’orchestre

Insula orchestra

Créé en 2012 par sa directrice musicale Laurence Equilbey avec le soutien du Conseil départemental, Insula orchestra inaugurait sa résidence à la Seine musicale en avril 2017. Avec Mozart, Beethoven, Schubert, des artistes invités – et ses musiciens qui nous invitent à partager avec eux un morceau de leur vie musicale.

Il y a cinq ans, l’orchestre quit­tait le ter­ri­toire du rêve pour entrer dans la réa­li­té, avec le recru­te­ment de Sté­pha­nie Pau­let, vio­lon solo, puis des chefs des dif­fé­rents pupitres et enfin de cha­cun des ins­tru­men­tistes. Ils ne sont pas sala­riés per­ma­nents, relèvent du sta­tut des inter­mit­tents et exercent dans plu­sieurs ensembles. Conti­nuer la lec­ture de Dans les rangs de l’orchestre 

Ulysse au féminin

Ulysse au féminin est une histoire d’eau. Musicale, poétique, symbolique – sans provoquer la formule à l’excès. Et par eau, on entend moins les miroirs que les marées, les rochers et les tempêtes, la fureur des éléments dans le cadre retenu d’un concert à la française.

Raphaële Kennedy, Stéphanie Paulet

Pro­gramme : Can­tates d’Élisabeth Jac­quet de la Guerre, Nico­las Ber­nier, Tho­mas-Louis Bour­geois et Jean-Bap­tiste Morin ; pièces ins­tru­men­tales de Louis-Antoine Dor­nel, Jean-Phi­lippe Rameau, Antoine For­que­ray et Fran­çois Cou­pe­rin ; textes extraits de l’Odyssée.

Marianne Muller, Stéphanie Paulet, Marine Sablonnière

Réuni autour de la sopra­no Raphaële Ken­ne­dy, l’ensemble Da Pacem, ce soir-là à Mar­seille1, navi­guait avec Sté­pha­nie Pau­let au vio­lon, Marine Sablon­nière à la flûte à bec, Marianne Mul­ler à la viole et Yan­nick Var­let au cla­ve­cin.

Alter­nant can­tates et pièces ins­tru­men­tales du XVIIIe siècle, le pro­gramme y asso­cie des évo­ca­tions par­lées, consti­tuant, par-des­sus la suc­ces­sion des pièces de concert, un vaste opé­ra de chambre inédit avec réci­ta­tifs qui conte­rait les tra­vaux et les jours d’un Ulysse au fémi­nin – c’est-à-dire pré­ci­sé­ment des femmes qui font et défont Ulysse au long de son Odys­sée, ren­dant au héros sa part fémi­nine et jus­ti­fiant le genre gram­ma­ti­cal de son aven­ture. Elles sont nom­breuses, Calyp­so, Nau­si­caa, Cir­cé, Eury­clée, Péné­lope… – amou­reuses, tem­pé­tueuses, dan­ge­reuses, fidèles ou nour­ri­cières, elles en disent autant sinon plus que la sueur et le cuir sur l’étoffe du héros.

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  1. Fes­ti­val Mars en Baroque, mar­di 15 mars, Archives et biblio­thèque dépar­te­men­tales Gas­ton-Def­ferre, Mar­seille 

Florent Boffard, le chant des modernes

Le pianiste Florent Boffard


Cho­pin, Bar­ca­rolle opus 60. Berg, Sonate opus 1. Bou­lez, Sonate n ° 3 For­mant 3. Janáček, Sonate 1.X.1905. Cho­pin, Pré­ludes opus 28 (n° 17 à 24).


Au programme du récital donné au temple de Lourmarin1 par le pianiste Florent Boffard : le lyrisme d’hier et comment il diffuse dans la modernité d’aujourd’hui. Intense traversée d’un monde sonore dense, mouvant et fragile, comme animée par le feu sous la glace.

La musique d’aujourd’hui et ses com­po­si­teurs, Florent Bof­fard les connaît sur le bout des doigts. Le pia­no d’hier aus­si. Et savoir invi­ter la fami­lia­ri­té de l’un dans la com­plexi­té des autres est l’un des dons de cet artiste qui tra­verse constam­ment le miroir entre l’enfant émer­veillé et le conteur évident de choses qui ne le sont pas. En confron­tant en cercles concen­triques le pia­no d’un Cho­pin qu’on croit connaître par cœur à la lignée des modernes – Jana­cek, Berg et Bou­lez – il choi­sit, au-delà de la défense d’un réper­toire mécon­nu sinon mal aimé, de tra­mer les fils et les motifs de musiques dont on n’entendait pas autant les cor­res­pon­dances.  Conti­nuer la lec­ture de Florent Bof­fard, le chant des modernes 


  1. Réci­tal Florent Bof­fard à Lour­ma­rin, le 11 août 2015, dans le cadre du fes­ti­val inter­na­tio­nal de pia­no de La Roque d’Anthéron 

Paysages sonores

Ravel Landscapes
Ravel Land­scapes © QUAYOLA & SINIGAGLIA

Comment pré­sen­ter ces deux pro­grammes pro­po­sés par la pia­niste Vanes­sa Wag­ner ? Dire que ce sont des habillages numé­riques – visuel ou sonore – sur des œuvres du réper­toire ferait fuir à la fois les clas­siques et les modernes… Alors que, jus­te­ment, les dis­po­si­tifs ima­gi­nés ont tout pour convaincre – et enthou­sias­mer – des publics qui en géné­ral ne se croisent pas au concert. Du cros­so­ver comme on dit aujourd’hui, la ren­contre trans­ver­sale entre ceux qui croient au numé­rique et ceux qui n’y croient pas…

Ravel Land­scapes, en col­la­bo­ra­tion avec les vidéastes Quayo­la et Natan Sini­ga­glia, ce sont des pay­sages de syn­thèse pro­je­tés sur grand écran, déclen­chés, ani­més, modi­fiés en direct par le jeu de la pia­niste. Par­ti­cules, cris­taux, éclats, mou­ve­ment, lumière : on n’assiste plus à un concert, mais on fait un voyage à tra­vers des sen­sa­tions presque phy­siques et réel­le­ment jubi­la­toires. Que les puristes se ras­surent, cela ne rem­place pas les pay­sages inté­rieurs d’une écoute aveugle – mais ce n’est pas fait pour : c’est dif­fé­rent, c’est inven­tif, c’est beau.

vanessa_wagner_murcofBeyond my pia­no, ren­contre entre Vanes­sa Wag­ner, le musi­cien « futu­riste » mexi­cain Mur­cof, et des œuvres de Satie, Ravel, Pärt ou Adams, est éga­le­ment une exten­sion du domaine sonore. Strates, méta­mor­phoses, liber­té de réin­ter­pré­ta­tion : les pay­sages sont inédits, le dia­logue per­ma­nent entre le sym­bole d’une his­toire de la musique clas­sique et les machines numé­riques jouées comme de vrais ins­tru­ments.

Puisqu’une musi­cienne aus­si intègre, ima­gi­na­tive et sen­sible que Vanes­sa Wag­ner s’acoquine avec la moder­ni­té d’aujourd’hui, tout n’est peut-être pas fina­le­ment per­du !


Paru dans HDS.mag n° 38, novembre-décembre 2014.