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Køuples, en deux temps trois mouvements

Køuples © CHRISTOPHE DELLIÈRE / OPERACT
« Nous avions envie de par­ler de la sur­con­som­ma­tion, des années soixante et soixante-dix, de toute cette époque gra­phique, de la mode… Et de l’évolution du couple : la ren­contre, la jeu­nesse, la fraî­cheur, la crise de la qua­ran­taine, enfin le couple vieillis­sant. Les per­son­nages ne maî­trisent rien du tout, ce sont les choses qui les maî­trisent. » (Ste­phan Grö­gler, concep­tion et mise en scène)

Køuples1spectacle conçu et mis en scène par Stephan Grögler, est une trilogie trépidante sur le cas du couple avec de l’eau – barrée – dans le gaz… Trois vaudevilles musicaux d’un autre siècle, ravivés par l’imagerie des sixties et des seventies diffusée sur écrans, rhabillés de costumes impossibles : robe jaune strident, pantalons pattes d’éph orange amer, rayures, col pelle à tarte et combinaisons métallisées…

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  1. Køuples, créa­tion les 24 et 25 novembre 2017 à la Mai­son de la musique de Nan­terre 

Ypokosmos

© CLAIRE MACEL
Laurent Cuniot & Alexan­dros Mar­keas

Ypokos­mos, ora­to­rio des bas-fonds : la Grèce d’aujourd’hui donne le blues à Alexan­dros Mar­keas. Un blues essen­tiel­le­ment grec : le rebe­ti­ko, musique de traîne-patins qui sent la taverne, le mazout et le mau­vais tabac. Né dans les années vingt de l’autre siècle – années de misère, de migrants et de men­diants qui chan­taient en cre­vant de faim – il sert de point de départ à cette pièce de notre siècle, hélas, du siècle de cette Grèce rui­née qui fut jadis notre cité et dont des pans entiers s’écroulent.

Ypo­kos­mos est un laby­rinthe où l’on s’étourdit dans la pénombre du presque rien et les ryth­miques de plein soleil. Car l’homme est misé­rable, la ville un égout, mais il reste cette poé­sie de rien pour gens de peu qui fait redres­ser la tête dans la fumée conso­lante et les alcools de misé­ri­corde. Accen­tuant le dés­équi­libre par leurs accords déca­lés, bou­zou­kis et saz sonnent comme autant de glas et de verres bri­sés. Avec les chœurs aux timbres éven­tés, les chants cas­sés par l’ivresse ou le déses­poir, c’est le souffle des voix en souf­france qu’on entend, à pleine puis­sance mal­gré leur impuis­sance, dans cet épous­tou­flant requiem furieux, lyrique et social.


Bro­chure TM+ sai­son 2014–2015.

Citoyenne insolente


Pro­gramme du concert :
Georges Aper­ghis : La nuit en tête (2000) pour sopra­no, flûte, cla­ri­nette, vio­lon, vio­lon­celle, pia­no et per­cus­sions. Alexan­dros Mar­keas : Trois clins d’œil ryth­més (2006) pour cla­ri­nette et élec­tro­nique. Tho­mas Adès : Catch (1991) pour cla­ri­nette, pia­no, vio­lon et vio­lon­celle. Laurent Cuniot : Pré­lude déme­su­ré (2012) pour vio­lon et cla­ri­nette. Alexan­dros Mar­keas : Citoyenne inso­lente (créa­tion 2014) pour sopra­no, flûte, cla­ri­nette, vio­lon, vio­lon­celle, pia­no et per­cus­sions.


La création n’est pas un long fleuve tranquille. Mais un confluent plutôt agité où se déversent, parfois venues du plus loin de notre histoire et parfois surgies d’on ne sait où, beaucoup d’audaces qui éclaboussent.

Une géné­ra­tion sépare Georges Aper­ghis et Alexan­dros Mar­keas. Grecs arri­vés à Paris à 20 ans, enga­gés tous les deux dans le monde mais de façon dif­fé­rente, leur ren­contre est un peu celle de celui qui croyait aux racines et celui qui n’y croyait pas…

La Nuit en tête de Georges Aper­ghis, ce sont des mor­ceaux de noc­turnes obsé­dants, une voix entê­tante dans une par­ti­tion de nuit où les micro-inter­valles fusent comme des lueurs à peine sai­sis­sables. On y voyage dans le ténu, le babille­ment, la pro­li­fé­ra­tion, quelque part où les choses sont aus­si solides que des sables mou­vants, aus­si stables qu’un éclat de lune sur une eau noire.

Une nuit d’un autre genre tombe sur notre siècle, qui n’a plus beau­coup de sens et se cherche une voix. La Citoyenne inso­lente d’Alexandros Mar­keas s’appuie sur d’anciens héri­tages pour affron­ter debout l’avenir qu’on lui refuse et les nuits sans fin qu’on lui pro­met. Conti­nuer la lec­ture de Citoyenne inso­lente