Rives et ri­va­ges

Le mu­sée d’art et d’histoire de Meudon pré­sen­te une qua­ran­tai­ne d’huiles et de des­sins de Jean Laronze.

Baigneuses sur la plage, huile sur bois, 19 x 27 cm
Baigneuses sur la pla­ge, hui­le sur bois, 19 x 27 cm.

Jean Laronze n’appartient pas à l’élite in­tou­cha­ble des in­ven­teurs de l’art du XXe siè­cle… Mais n’être pas Cézanne, Monet, ni Matisse n’interdit pas le ta­lent. Le ta­lent si par­ti­cu­lier de cet­te pein­tu­re de pay­sa­ge en France que l’on ai­me­rait qua­li­fier de « for­ce tran­quille » – si l’expression n’avait été dé­fi­ni­ti­ve­ment vi­dée de son sens par les pu­bli­ci­tai­res. Au su­jet de Laronze, on irait plu­tôt jouer avec les mots de Baudelaire : le luxe des lu­miè­res, le cal­me des com­po­si­tions, la vo­lup­té des nuan­ces…

Né en Saône-et-Loire en 1852, Jean Laronze est bour­gui­gnon de­puis tou­jours et c’est sans dou­te la mé­moi­re gé­néa­lo­gi­que des lieux qui vient don­ner à ses pay­sa­ges ce vrai goût de ter­roir. Il est aus­si un peu d’Île-de-France puis­que, jusqu’à sa mort en 1937 et après une vie dé­chi­rée par les mal­heurs fa­mi­liaux, il par­ta­geait ses pa­let­tes en­tre l’atelier de Bourgogne et l’atelier de Neuilly-sur-Seine. Quand il n’allait pas sur les ri­va­ges de Berck io­der ses cou­leurs et aé­rer sa tou­che.

Cette ex­po­si­tion1 se­ra pour beau­coup une dé­cou­ver­te ; quel­ques toi­les sont d’ailleurs pré­sen­tées pour la pre­miè­re fois. On y en­tend la pe­ti­te mu­si­que du pein­tre – plus Saint-Saëns ou Fauré que Debussy ou Ravel – qui est aus­si cel­le d’une cer­tai­ne poé­sie de la na­tu­re.


Paru dans HDS.mag n° 38, no­vem­bre-dé­cem­bre 2014.


  1. Musée d’art et d’histoire de Meudon, jusqu’au 14 dé­cem­bre 2014, en par­te­na­riat avec Les Amis du pay­sa­ge fran­çais et avec l’étroite col­la­bo­ra­tion de Marc Guillaume, ar­riè­re-pe­tit-fils du pein­tre