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Rokia Traoré : La scè­ne, tout un bon­heur !

Rokia Traoré © FRANCIS VERNHET

Avant son concert au fes­ti­val Chorus 2010, Rokia Traoré nous par­lait de la scè­ne, du pu­blic, et de l’Afrique. Une jeu­ne gran­de da­me, hum­ble et fiè­re.

Votre son a un peu chan­gé de­puis vos concerts de l’année der­niè­re…

Le gui­ta­ris­te ma­lien avec qui je jouais a mal­heu­reu­se­ment eu un ac­ci­dent. En at­ten­dant qu’il puis­se re­mon­ter sur scè­ne, la tour­née de­vait conti­nuer… J’ai pré­fé­ré pren­dre la dif­fé­ren­ce de sty­le du nou­veau gui­ta­ris­te, plus ro­ck, com­me un plus : alors on a ré­ar­ran­gé quel­ques pe­ti­tes cho­ses pour nous adap­ter.

On sent le dé­sir, le grou­pe et vous, d’être ras­sem­blés avec le pu­blic au­tour de la mê­me cho­se…

La scè­ne est la meilleu­re fa­çon de pro­mou­voir une mu­si­que com­me la nô­tre, qui n’a pas tant que ça ac­cès à la té­lé et aux ra­dios en gé­né­ral. En tour­née, je ren­con­tre le pu­blic et c’est ce que j’aime avant tout. Du coup, je lui don­ne beau­coup, mais je lui prends beau­coup aus­si… La scè­ne, c’est tout un bon­heur ! Continuer la lec­tu­re de Rokia Traoré  : La scè­ne, tout un bon­heur  ! 

Rokia Traoré : l’invention de la plé­ni­tu­de

Rokia Traoré © RICHARD DUMAS 

Apparemment, le Magic Mirror de La Défense convient à Rokia Traoré et ses mu­si­ciens : trois heu­res de concert dé­bri­dé ce mar­di soir, pour l’un des temps très forts du fes­ti­val Chorus 2009.

La fê­te com­men­çait avec Davy Sicard, une bel­le sur­pri­se pour beau­coup, chan­tant un ma­loya réunion­nais « un peu ca­bos­sé », une mu­si­que qui re­lè­ve la tê­te et dit la fier­té du « cœur mar­ron » qui choi­sit la li­ber­té. Et re­ce­vant l’hommage, plu­tôt ra­re pour une pre­miè­re par­tie, d’un rap­pel en­thou­sias­te avant la fo­lie à sui­vre.

Parce que Rokia Traoré sur scè­ne, c’est une in­ven­tion per­ma­nen­te, une joie com­mu­ni­ca­ti­ve, une for­ce in­croya­ble. Où cet­te brin­dille de fem­me par­vient-el­le à trou­ver les res­sour­ces né­ces­sai­res pour fai­re des heu­res du­rant vi­brer les corps et tom­ber les fron­tiè­res en­tre les mu­si­ques. Commencé dans les cou­leurs noc­tur­nes et le souf­fle des deux in­vi­tés ex­cep­tion­nels de la soi­rée, le gui­ta­ris­te Sébastien Martel et le vo­ca­lis­te Sly Johnson, le feu prend très vi­te dans un pu­blic par­ti­cu­liè­re­ment com­bus­ti­ble. La chair de pou­le s’installe quand la lu­miè­re chan­ge, que la va­gue se sou­lè­ve sou­dain et qu’elle nous em­por­te. Rokia se lan­ce dans ses lon­gues mé­lo­pées scan­dées en bam­ba­ra, et l’on pen­se au flow du rap, aux en­vo­lées de Nusrat Fateh Ali Khan, aux dé­cla­ma­tions de Patti Smith : s’invente de­vant nous quel­que cho­se d’inouï, mu­si­que afri­cai­ne, world, blues, ro­ck… Les mu­si­ciens jouent en­tre eux et avec nous, il y a du sou­ri­re par­tout. Rokia char­meu­se, Rokia ra­dieu­se, Rokia am­bas­sa­dri­ce d’une cultu­re, chan­te, dan­se, crie com­me on ne l’a ja­mais en­ten­due, in­croya­ble­ment re­lâ­chée, sa voix osant tou­tes les tex­tu­res. Jusqu’au fi­nal ébou­rif­fant, quand le pu­blic par­ta­ge la fê­te jusqu’à mon­ter sur scè­ne et dan­ser, quand le son de­vient phy­si­que­ment pal­pa­ble, quand per­son­ne ne veut plus par­tir… Il y avait ce soir-là au vil­la­ge du fes­ti­val un mi­roir ma­gi­que où bat­tait le cœur des Afriques, leur his­toi­re, leurs beau­tés, leurs es­poirs. Pour quel­ques heu­res sus­pen­dues, nous étions vi­si­ble­ment heu­reux d’être en­sem­ble, el­le, eux et nous, au­tour des mê­mes émo­tions.


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