Archives pour la catégorie Musiques

Brad Mehldau, Keyboard Wizard

Brad Mehldau © MICHAEL WILSON

Velours rou­ge, le pia­nis­te Brad Mehldau était en so­lo à l’Espace-Malraux de Six-Fours1. Pas pour les ri­deaux de scè­ne ni cet­te élé­gan­te che­mi­se qui lui don­nait l’allure d’un mé­di­tant zen. Mais pour le ve­lours d’une mu­si­que sa­van­te, vir­tuo­se et sen­suel­le.

On lais­se­ra les spé­cia­lis­tes mieux qua­li­fiés dé­fi­nir le jeu Mehldau, équi­li­bre dit-on idéal en­tre le ver­ti­cal et l’horizontal – les ac­cords et les li­gnes, l’harmonie et les voix –, et le sou­ci clai­re­ment au­di­ble – et sur scè­ne vi­si­ble – de ne ja­mais pri­vi­lé­gier une main au dé­tri­ment de l’autre, au contrai­re, de les croi­ser, phy­si­que­ment, d’en fai­re ré­pon­se, écho, contre­point. On leur confie­ra éga­le­ment l’analyse du son, sou­vent per­cus­sif en dia­ble et qui ce soir-là était d’une sua­vi­té scin­tillan­te – peut-être après tout y avait-il aus­si de la soie dans ce rou­ge…

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  1. Brad Mehldau, Espace-Malraux, Six-Fours, mar­di 13 oc­to­bre 2015 

Dominique A, Éléor à Toulon

Dominique A en concert, 2015

Dominique A en quar­tet très ro­ck au Théâtre Liberté de Toulon1, sur une set­list qua­si par­fai­te, en­tre la ma­niè­re des cho­ses d’avant et la ma­tiè­re de cel­les d’aujourd’hui. Qui fe­rait un beau best of li­ve

Quand on a que l’amour… Dominique A n’a sans dou­te pas que ce­la en par­ta­ge – seule­ment, mê­me lorsqu’il s’agit de so­cio­lo­gie, d’histoire ou de po­li­ti­que, cha­cu­ne de ses chan­sons est aus­si en fi­li­gra­ne une his­toi­re d’amour. Or cha­cun sait de­puis bien avant les Rita Mitsouko que les his­toi­res d’amour fi­nis­sent mal, en gé­né­ral com­me en par­ti­cu­lier, si­non ce ne sont pas des his­toi­res. Et les his­toi­res, c’est la ma­tiè­re de Dominique A, il en a au­tant que de mu­si­que dans sa car­cas­se de co­los­se am­bi­gu chez qui le mas­cu­lin et le fé­mi­nin s’épousent jus­que dans la voix et dans la ges­tuel­le.

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  1. Théâtre Liberté de Toulon, jeu­di 8 oc­to­bre 2015, dans le ca­dre du fes­ti­val Rade Side Of The Moon 

Autour de… Reverse Flows

Reverse Flows

Au len­de­main de la créa­tion de Reverse Flows, de Laurent Cuniot, à la Maison de la mu­si­que de Nanterre1. Ce len­de­main flou, ex­ten­si­ble – di­sons-le : mé­ta­pho­ri­que, qui sé­pa­re les ba­gue­nau­deurs des phy­si­ciens, et les ré­dac­teurs des mu­si­ciens.

Au len­de­main, com­ment trans­met­tre quel­que cho­se de cet­te mu­si­que ? Échanger quel­ques pier­res gra­vées avec ceux qui y étaient, dé­po­ser un cairn pour ceux qui n’y étaient pas, ba­li­ser le che­min ima­gi­nai­re en vue d’inciter à l’excursion ?  Continuer la lec­tu­re de Autour de… Reverse Flows 


  1. Reverse Flows, pour al­to, en­sem­ble et élec­tro­ni­que, créée par Geneviève Strosser et TM+ sous la di­rec­tion de Marc Desmons, le 23 juin 2015 à Nanterre dans le ca­dre du fes­ti­val Manifeste 2015 de l’Ircam 

Florent Boffard, le chant des mo­der­nes

Le pianiste Florent Boffard


Chopin, Barcarolle opus 60. Berg, Sonate opus 1. Boulez, Sonate n ° 3 Formant 3. Janáček, Sonate 1.X.1905. Chopin, Préludes opus 28 (n° 17 à 24).


Au pro­gram­me du ré­ci­tal don­né au tem­ple de Lourmarin1 par le pia­nis­te Florent Boffard : le ly­ris­me d’hier et com­ment il dif­fu­se dans la mo­der­ni­té d’aujourd’hui. Intense tra­ver­sée d’un mon­de so­no­re den­se, mou­vant et fra­gi­le, com­me ani­mée par le feu sous la gla­ce.

La mu­si­que d’aujourd’hui et ses com­po­si­teurs, Florent Boffard les connaît sur le bout des doigts. Le pia­no d’hier aus­si. Et sa­voir in­vi­ter la fa­mi­lia­ri­té de l’un dans la com­plexi­té des au­tres est l’un des dons de cet ar­tis­te qui tra­ver­se constam­ment le mi­roir en­tre l’enfant émer­veillé et le conteur évi­dent de cho­ses qui ne le sont pas. En confron­tant en cer­cles concen­tri­ques le pia­no d’un Chopin qu’on croit connaî­tre par cœur à la li­gnée des mo­der­nes – Janacek, Berg et Boulez – il choi­sit, au-de­là de la dé­fen­se d’un ré­per­toi­re mé­con­nu si­non mal ai­mé, de tra­mer les fils et les mo­tifs de mu­si­ques dont on n’entendait pas au­tant les cor­res­pon­dan­ces.  Continuer la lec­tu­re de Florent Boffard, le chant des mo­der­nes 


  1. Récital Florent Boffard à Lourmarin, le 11 août 2015, dans le ca­dre du fes­ti­val in­ter­na­tio­nal de pia­no de La Roque d’Anthéron 

Bruce Brubaker, Glass Piano

Récital Bruce Brubaker, abbaye de Silvacane


Programme du ré­ci­tal :
Philip Glass. Metamorphosis n° 2 et n° 1. Études n° 4, n° 2 et n° 5. Mad Rush. Opening. Evening Song (ex­trait de Satyagraha).


Il y a des mu­si­ques qui ra­con­tent des his­toi­res, d’autres qui ou­vrent des es­pa­ces – cel­le de Philip Glass sous les doigts de Bruce Brubaker re­lè­ve­rait plu­tôt de l’instant sus­pen­du. C’était au cloî­tre de l’abbaye de Silvacane, dans le ca­dre du fes­ti­val de La Roque d’Anthéron1.

Phi­lip Glass est de ces com­po­si­teurs contem­po­rains ado­rés, en­tre au­tres, par ceux qui n’aiment pas la mu­si­que di­te contem­po­rai­ne – oreilles Louis-Philippe et “néos” y com­pris. Ce qui fait quel­que part mau­vais gen­re et en­traî­ne ip­so fac­to les ré­ti­cen­ces du sé­riel au­di­teur et du chas­seur spec­tral. Or le com­po­si­teur ne mé­ri­te ni cet ex­cès d’honneur ni cet­te in­di­gni­té. Sa mu­si­que – qu’on la di­se ré­pé­ti­ti­ve, mi­ni­ma­le, post- ou ce qu’on veut – vaut plus et mieux, sur­tout lorsqu’elle pas­se par le cla­vier de Bruce Brubaker. Continuer la lec­tu­re de Bruce Brubaker, Glass Piano 


  1. Récital Bruce Brubaker, fes­ti­val in­ter­na­tio­nal de pia­no de La Roque d’Anthéron, le 1er août 2015 au cloî­tre de l’abbaye de Silvacane