Requiems

© CATHERINE KOHLER


Orchestre sym­pho­ni­que de Mulhouse, Opéra stu­dio de l’Opéra na­tio­nal du Rhin, Les Cris de Paris : György Ligeti, Lux ae­ter­nae, RamificationsRobert Schumann, Requiem für Mignon, NachtliedArvo Pärt, Silouans Song, Adam’s Lament.


Au dé­but était le ver­be, et sans dou­te peu après la mu­si­que… Requiem sans li­tur­gie, priè­res uni­ver­sel­les, trois com­po­si­teurs re­gar­dent la vie et la mort.

Pas de vo­ci­fé­ra­tion ni d’anathème chez Robert Schumann, mais une plain­te très in­té­rieu­re qui s’appuie sur la lit­té­ra­tu­re, com­me une né­ces­sai­re pu­deur d’écorché vif.

Pas de croyan­ce iden­ti­fiée non plus chez György Ligeti : son re­cours au sa­cré est ce­lui d’un siè­cle en re­com­po­si­tion, des hor­reurs des an­nées pas­sées aux bou­le­ver­se­ments de cel­les à ve­nir. Gravitation d’étoiles, ma­tiè­re noi­re et par­ti­cu­les frag­men­tai­res : cet­te mo­der­ne mu­si­que des sphè­res fait of­fi­ce de can­ti­que quan­ti­que.

Avec Arvo Pärt, pas mal de ré­vo­lu­tions sont pas­sées, mais pas l’émotion. Immédiatement ac­ces­si­ble, im­mé­dia­te­ment bou­le­ver­san­te, la la­men­ta­tion du pre­mier hom­me est cel­le de tous ceux à sui­vre. Mêlant spi­ri­tua­li­té mé­dié­va­le, so­len­ni­té or­tho­doxe et vio­len­ce d’aujourd’hui, la mu­si­que d’Arvo Pärt est sans âge car el­le les tra­ver­se tous.


Plaquette de l’Orchestre sym­pho­ni­que de Mulhouse, sai­son 2013-2014.