No man’s Finland

Mad in FinlandElles sont sept filles aux pa­tro­ny­mes en « nen » ou en « ra », des­cen­dues de leur Finlande, sans dou­te sur le dos du cy­gne de Tuonela et au son des cui­vres de Sibelius, pour vi­vre leur pas­sion. Tous les arts du cir­que sont dans Mad in Finland, af­fû­tés – tra­pè­ze, fil, équi­li­bre, main à main – et dé­tour­nés à grands coups de vod­ka, de sau­na, de Nokia. Ces filles ath­lé­ti­ques jouent avec leur cultu­re, ses co­des et ses cli­chés, au­tre­ment dit ce qu’elles sont et l’idée que nous nous en fai­sons. Rien ne man­que : le froid, le ski, la na­tu­re, les bois­sons for­tes, les dé­pri­mes gaies, les chants ca­ré­liens et le hea­vy me­tal din­go, on se croi­rait dans un ro­man d’Arto Paasilinna ! Encore que leur ré­fé­ren­ce soit plu­tôt Aleksis Kivi, maî­tre de la lit­té­ra­tu­re du XIXe siè­cle, au­teur des Sept Frères dont le hé­ros jeu­ne, pau­vre et fou meurt en s’écriant « Je vis ! » Comme quoi on peut être blon­des et culti­vées…

Ce temps fort1 est l’un de ces grands mo­ments exi­geant et joyeux dont seuls les arts vi­vants ont le se­cret : et avec les Mad, elämä on kau­nis ! (la vie est bel­le !)


Paru dans HDS.mag n° 38, no­vem­bre-dé­cem­bre 2014.


  1. Espace cir­que d’Antony du 29 no­vem­bre au 21 dé­cem­bre 2014