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Solaires


Composition de Laurent Cuniot. Pour flû­te (+ flû­te al­to), cla­ri­net­te, cor, pia­no, per­cus­sions, vio­lon, vio­lon­cel­le et sons fixés. Durée : 25 min. Création : 20 mai 1998, Maison de Radio-France, Ensemble TM+, di­rec­tion Laurent Cuniot.


Solaires

 

Évidemment, on pour­rait pré­sen­ter Solaires com­me une mu­si­que de lu­miè­re.

Précisément, dé­cri­re ses ef­fec­tifs com­me l’affaire de sept plus un, soit une mul­ti­tu­de ; sept ins­tru­ments, dont un pia­no et un fort en­sem­ble de per­cus­sions, plus un dis­po­si­tif élec­troa­cous­ti­que.

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Reverse Flows


Programme du concert :
Ivan Fedele, Immagini da Escher, pour flû­te, cla­ri­net­te, vi­bra­pho­ne, pia­no, vio­lon, vio­lon­cel­le. Laurent Cuniot, Reverse Flows, créa­tion pour al­to, en­sem­ble et élec­tro­ni­que. 
Jesper Nordin, créa­tion pour en­sem­ble et élec­tro­ni­que.


La mu­si­que ici est com­me une ar­chi­tec­tu­re en mou­ve­ment.

Les ges­tes phy­si­ques, les dé­pla­ce­ments, ac­cé­lé­ra­tions, sus­pen­sions dans le temps, qui ani­ment la créa­tion de Jesper Nordin – com­po­si­teur, im­pro­vi­sa­teur et in­ven­teur de dis­po­si­tifs so­no­res – conçue pour en­sem­ble ins­tru­men­tal, élec­tro­ni­que li­ve et mou­ve­ments du corps dans les ma­tiè­res bru­tes d’un pay­sa­ge agi­té.
Les mou­ve­ments pa­ra­doxaux des Immagini da Escher, d’Ivan Fedele, qui s’appuient – si tant est qu’on le puis­se – sur les es­pa­ces ima­gi­nai­res du des­si­na­teur M.C. Escher : cir­cu­la­tions in­fi­nies, échel­les cy­cli­ques en trompe-l’œil, pris­mes, mi­roirs.

© CHRISTIAN IZORCE
Laurent Cuniot

Les cou­rants contrai­res, les flux op­po­sés de Reverse Flows, de Laurent Cuniot, qui bouillon­nent com­me une ren­ver­se de gran­de ma­rée, bras­sant dans un dou­ble dis­po­si­tif élec­tro­ni­que des élé­ments du pro­lo­gue des Pétales dans la bou­che, l’opéra créé en 2011 à la Maison de la mu­si­que. Alto so­lis­te, grou­pe ins­tru­men­tal, ten­sions dans la ma­tiè­re so­no­re du mur­mu­re à la vé­hé­men­ce, mais tout est com­me élar­gi, dé­mul­ti­plié, ré­ver­bé­ré dans l’espace du trai­te­ment élec­tro­ni­que en temps réel ; en contre­point, s’y af­fron­tent les éner­gies per­cus­si­ves, les vé­lo­ci­tés ful­gu­ran­tes, les tra­jec­toi­res et les rup­tu­res de la par­ti­tion élec­tro-acous­ti­que. Alors, dra­ma­tur­gie po­ly­pho­ni­que, dia­lec­ti­que so­no­re, nar­ra­tion sans tex­te : à cha­cun sa fa­çon d’entendre avant d’être em­por­té dans l’irrésistible ré­seau d’eaux vi­ves et de cou­rants pro­fonds d’une mu­si­que à l’architecture ri­gou­reu­se et aux mou­ve­ments dé­bri­dés.


Brochure TM+ sai­son 2014-2015.

Voyage de l’écoute : The Waves


Programme du concert au­tour du rap­port à la na­tu­re :
Heinz Holliger, t(air)e, pour flû­te so­lo. Béla Bartók, Musiques noc­tur­nes, pour pia­no. Gyorgy Kurtag, Hommage à Schumann, pour cla­ri­net­te, al­to et pia­no. Robert Schumann, Märchenerzählungen, pour cla­ri­net­te, al­to et pia­no. Florence Baschet, The Waves, créa­tion pour voix, flû­te, cla­ri­net­te, pia­no, vio­lon, al­to, vio­lon­cel­le et élec­tro­ni­que. Johannes Brahms, Intermezzi, pour pia­no.


Vaga­bon­da­ges de Schubert, er­ran­ces de Schumann, pas­sions apai­sées de Brahms : le ro­man­tis­me mu­si­cal pra­ti­quait l’art d’être soi en com­mu­nion ou en souf­fran­ce avec la na­tu­re. Le che­min n’a pas été per­du de­puis.

D’autant que, plus nos bru­ta­li­tés in­dus­triel­les as­ser­vis­sent la na­tu­re, moins le rap­port des for­ces spi­ri­tuel­les est en no­tre fa­veur. On en­ten­dra donc, à me­su­re de ce voya­ge d’hier à aujourd’hui – qui est tout au­tant un pay­sa­ge de l’écoute –, de moins en moins de mâ­les cer­ti­tu­des, et de plus en plus de nuits aux pers­pec­ti­ves in­dé­ci­ses.

Jeu de souf­fles et de si­len­ces, t(air)e, de Heinz Holliger, in­vo­que la na­tu­re d’avant, la flû­te ins­tru­ment pre­mier à l’orée de l’homme, la ma­tiè­re du son et l’intensité du corps. Bruissement, mur­mu­res, cri des om­bres, les Musiques noc­tur­nes de Béla Bartók re­lè­vent le drap de la nuit sur un temps sus­pen­du et les loin­tai­nes pul­sa­tions du vi­vant. L’Hommage à R. Sch(umann) de Györgi Kurtág, rô­de dans la mê­me nuit. Infiniment fra­gi­le, c’est un mi­ra­cle du pres­que rien où bat­tent des ten­sions com­me pour mar­quer, mais à pei­ne, que s’il y a quel­que cho­se de du­ra­ble ici, c’est le de­hors et que no­tre de­dans fi­ni­ra par s’y dis­sou­dre.

© MARCO DELOGU
Florence Baschet

Au cen­tre du pro­gram­me, The Waves – la créa­tion de Florence Baschet au­tour du pro­lo­gue des Vagues de Virginia Woolf – a quel­que cho­se de la poé­sie zen : el­le don­ne à en­ten­dre le vi­de. La sé­pa­ra­tion in­fi­ni­ment len­te de la nuit et du jour sur la mer, le dé­chi­re­ment in­ter­mi­na­ble du ciel et des eaux dans la lueur d’un pre­mier ma­tin : la na­tu­re tien­drait tou­te en­tiè­re dans ce chant de fem­me.


Brochure TM+ sai­son 2014-2015.

Symphonie Villes 2.0


Programme du concert :
Régis Campo, Pop-Art, pour flû­te, cla­ri­net­te, vio­lon, al­to, vio­lon­cel­le et pia­no. Jean-Marc Singier, Farandoles de bri­bes en ri­bam­bel­les, pour cla­ri­net­te bas­se, cor, pia­no, per­cus­sions et vio­lon­cel­le. Régis Campo, Street-Art, créa­tion pour  chœur d’enfants, per­cus­sions, zarb, gui­ta­res et en­sem­ble or­ches­tral.


Ima­gi­née par TM+, Symphonie Villes est une aven­tu­re mu­si­ca­le où se ren­con­trent des li­gnes d’horizon qui, par dé­fi­ni­tion, ne se ren­con­trent ja­mais, sauf ici : mu­si­ciens pro­fes­sion­nels, ins­tru­men­tis­tes ama­teurs, ap­pren­tis en de­ve­nir, se­niors et ju­niors, voix nou­vel­les, cultu­res d’aujourd’hui et so­no­ri­tés d’ailleurs. En 2013, la pre­miè­re Symphonie Ville était si­gnée Jonathan Pontier.

© SIMONE POLTRONIERI
Régis Campo

Symphonie Villes ver­sion 2.0 réunit mu­si­ciens de TM+, élè­ves des conser­va­toi­res, gang de cui­vre, chœur tout frais, gui­ta­res plus ou moins élec­tri­ques, ryth­mes au zarb ira­nien, et pas mal d’autres cho­ses en­co­re au­tour d’une créa­tion d’un fa­mi­lier de l’ensemble : Régis Campo.

Les vil­les, Régis Campo les connaît bien : il est de Marseille, il connaît la rue cos­mo­po­li­te, les frot­te­ments des cultu­res, l’énergie bruyan­te. Descendante abon­dan­te de Pop-Art, la piè­ce joyeu­se et ryth­mi­que qu’il com­po­sait en 2002 pour TM+, Symphonie Villes croi­se les co­des évi­dents de l’art po­pu­lai­re avec – se­lon sa bel­le ex­pres­sion – « des ar­riè­re-mon­des » neufs qui ne se li­vrent pas im­mé­dia­te­ment.

Un pa­ri sur l’ouverture et la cu­rio­si­té qui chez d’autres se­rait ris­qué : le mé­tis­sa­ge des gen­res et des for­mes pou­vant condui­re à de re­dou­ta­bles tam­bouilles – n’en dé­plai­se aux néos béats. Avec Régis Campo, au contrai­re, on tou­che au noyau se­cret et ir­ra­diant de l’art – n’en dé­plai­se aux aca­dé­mi­ques ron­chons.


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La hai­ne de la mu­si­que

De la ca­ver­ne pri­mi­ti­ve aux apo­ca­lyp­ses mo­der­nes, il y a pour le moins de la den­si­té dans la com­po­si­tion de Daniel D’Adamo sur l’essai de Pascal Quignard. Et du pa­ra­doxe, à com­men­cer par ce ti­tre im­pos­si­ble.

© GUILLAUME CHAUVIN
Lionel Monier & TM+

La hai­ne de la mu­si­que im­po­se une vi­sion, pres­que une ré­vé­la­tion : la mu­si­que est une ma­rée à la­quel­le on ne peut échap­per, la bruyan­te sou­pe pri­mi­ti­ve où la vie a in­fu­sé. Elle est le gron­de­ment géo­lo­gi­que d’avant l’homme, el­le se lè­ve à l’aube des pre­miers my­thes, el­le son­ne en nous avant mê­me no­tre nais­san­ce ; el­le est no­tre gé­ni­tri­ce, no­tre sa­ge-fem­me et no­tre nour­ri­ce, nous som­mes son in­ven­tion et el­le est no­tre his­toi­re, no­tre meilleur com­me no­tre pi­re. Allez après ce­la ne pas la haïr, cet­te mu­si­que qui nous li­vre sans dé­fen­se pos­si­ble au mon­de tel qu’il est…

Les cou­leurs de cet­te mer so­no­re ré­pon­dent aux mots du li­vret : « La mer n’est pas une sur­fa­ce. Elle est de haut en bas l’abîme. Si tu veux tra­ver­ser la mer, nau­fra­ge ». Alors, au­tour de l’ensemble ins­tru­men­tal et de ses ex­ten­sions élec­tro­ni­ques, on en­tend les cou­rants, les abys­ses, le bleu gra­ve in­ouï et quel­ques clar­tés qui trem­blent.

Heureusement, La Haine de la mu­si­que est éga­le­ment un spec­ta­cle. Dans la nuit, il y a des re­flets d’or, les lu­miè­res bien­ve­nues d’une mi­se en scè­ne qui joue le dé­ca­la­ge avec les om­bres en­tre confé­ren­ce so­no­re et par­cours ini­tia­ti­que.


Brochure TM+ sai­son 2014-2015.