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Florent Boffard, le chant des modernes

Le pianiste Florent Boffard


Cho­pin, Bar­ca­rolle opus 60. Berg, Sonate opus 1. Bou­lez, Sonate n ° 3 For­mant 3. Janáček, Sonate 1.X.1905. Cho­pin, Pré­ludes opus 28 (n° 17 à 24).


Au programme du récital donné au temple de Lourmarin1 par le pianiste Florent Boffard : le lyrisme d’hier et comment il diffuse dans la modernité d’aujourd’hui. Intense traversée d’un monde sonore dense, mouvant et fragile, comme animée par le feu sous la glace.

La musique d’aujourd’hui et ses com­po­si­teurs, Florent Bof­fard les connaît sur le bout des doigts. Le pia­no d’hier aus­si. Et savoir invi­ter la fami­lia­ri­té de l’un dans la com­plexi­té des autres est l’un des dons de cet artiste qui tra­verse constam­ment le miroir entre l’enfant émer­veillé et le conteur évident de choses qui ne le sont pas. En confron­tant en cercles concen­triques le pia­no d’un Cho­pin qu’on croit connaître par cœur à la lignée des modernes – Jana­cek, Berg et Bou­lez – il choi­sit, au-delà de la défense d’un réper­toire mécon­nu sinon mal aimé, de tra­mer les fils et les motifs de musiques dont on n’entendait pas autant les cor­res­pon­dances.  Conti­nuer la lec­ture de Florent Bof­fard, le chant des modernes 


  1. Réci­tal Florent Bof­fard à Lour­ma­rin, le 11 août 2015, dans le cadre du fes­ti­val inter­na­tio­nal de pia­no de La Roque d’Anthéron 

Bruce Brubaker, Glass Piano

Récital Bruce Brubaker, abbaye de Silvacane


Pro­gramme du réci­tal :
Phi­lip Glass. Meta­mor­pho­sis n° 2 et n° 1. Études n° 4, n° 2 et n° 5. Mad Rush. Ope­ning. Eve­ning Song (extrait de Satya­gra­ha).


Il y a des musiques qui racontent des histoires, d’autres qui ouvrent des espaces – celle de Philip Glass sous les doigts de Bruce Brubaker relèverait plutôt de l’instant suspendu. C’était au cloître de l’abbaye de Silvacane, dans le cadre du festival de La Roque d’Anthéron1.

Philip Glass est de ces com­po­si­teurs contem­po­rains ado­rés, entre autres, par ceux qui n’aiment pas la musique dite contem­po­raine – oreilles Louis-Phi­lippe et “néos” y com­pris. Ce qui fait quelque part mau­vais genre et entraîne ipso fac­to les réti­cences du sériel audi­teur et du chas­seur spec­tral. Or le com­po­si­teur ne mérite ni cet excès d’honneur ni cette indi­gni­té. Sa musique – qu’on la dise répé­ti­tive, mini­male, post- ou ce qu’on veut – vaut plus et mieux, sur­tout lorsqu’elle passe par le cla­vier de Bruce Bru­ba­ker. Conti­nuer la lec­ture de Bruce Bru­ba­ker, Glass Pia­no 


  1. Réci­tal Bruce Bru­ba­ker, fes­ti­val inter­na­tio­nal de pia­no de La Roque d’Anthéron, le 1er août 2015 au cloître de l’abbaye de Sil­va­cane 

Verrà la morte

Com­po­si­tion de Laurent Cuniot, pour cla­ri­nette solo et orchestre. Durée : 25 min. Créa­tion
le 24 avril 1997 au Théâtre de Poi­tiers. Phi­lippe Ber­rod, cla­ri­nette, orchestre Poi­tou-Cha­rentes, direc­tion : Pas­cal Ver­rot.

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Le cycle Verrà la morte : Pré­lude – You, dap­pled smile – Lo spi­ro­glo dell’alba – Verrà la morte – La casa – Sangue di Pri­ma­ve­ra – Last blues

 

Comment s’y prendre pour par­ta­ger émo­tions et repères à pro­pos de Verrà la morte, pièce orches­trale com­po­sée autour d’un cycle de poèmes de l’écrivain ita­lien Cesare Pavese ?

Dif­fi­cile, tant la poé­sie lapi­daire – au sens du tra­vail de la pierre pré­cieuse, angles vifs et feux cha­toyants – cou­pe­rait la langue de qui vien­drait y mêler la sienne. Plus que dif­fi­cile : impru­dent, tant il y a ici de nuages et de drame accu­mu­lés.

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La lice des nuits


Com­po­si­tion de Laurent Cuniot pour grand orchestre. Durée : 20 min. Créa­tion le 28 avril 1989 à la Mai­son de Radio-France. Orchestre Phil­har­mo­nique de Radio-France, direc­tion Michel Tabach­nik.


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La lice était le champ médié­val du tour­noi. La lice des nuits est le lieu des affron­te­ments noc­turnes.

Son lan­gage est équi­voque – c’est d’ailleurs le propre des langues depuis la pierre de Babel. Équi­voque aus­si sa forme, et sans doute son sens, si tant est qu’un com­po­si­teur accepte ce mot dont l’auditeur use par impuis­sance à mieux dire.

Il y a là quelque chose de vif et de pur et de neuf ; d’abstrait, pour dépo­ser un terme plas­tique sur une musique qui l’est mais qui s’inscrit néan­moins, avec toute la puis­sance des quatre-vingt-dix musi­ciens et mal­gré l’apport des sons élec­troa­cous­tiques d’aujourd’hui, dans une his­toire de l’orchestre, de ses sono­ri­tés, de ce qu’elles char­rient comme émo­tions, on ne va tout de même pas y renon­cer…

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Des pétales dans la bouche


Opé­ra à une voix de Laurent Cuniot pour mez­zo-sopra­no et ensemble ins­tru­men­tal sur un livret de Mary­line Des­biolles. Durée : 50 min. Créa­tion le 18 mai 2011 à la Mai­son de la musique de Nan­terre. Syl­via Vadi­mo­va, mez­zo, ensemble TM+ sous la direc­tion de Laurent Cuniot.


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Première partie : à propos de

Des pétales dans la bouche est un opé­ra à une voix. De femme. D’une femme, jus­te­ment, à la recherche de sa voix, per­due. Voix aux mul­tiples réso­nances d’une femme aux mul­tiples incar­na­tions, c’est, si l’on ose dire, cha­cune d’entre nous : elle revient sur ses pas, refait le che­min pour rompre le silence et renouer avec son chant intime.

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