Beaucoup de bruit pour cinq !

© DAVID SIEBERTPour qui se deman­de­rait ce qu’est un spec­tacle grand public, le Grand fra­cas issu de rien ima­gi­né par Pierre Guillois1 apporte une réponse joyeuse qui fera taire les fâcheux. Ceux pour qui la balance entre le diver­tis­se­ment et l’intelligence n’est jamais équi­li­brée. Avec ce caba­ret qui s’annonce lui-même spec­tral – non pas tant qu’il y règne le froid des fan­tômes, mais bien pour causes com­munes de spec­ta­cu­laire et de théâ­tral – on ne risque de déce­voir per­sonne. Puisqu’on a jeté la balance, l’équilibre instable revient aux artistes sur la scène : une sopra­no, un comé­dien, un gym­naste, un jon­gleur, un per­cus­sion­niste. Un peu comme les cinq doigts d’une main qui ferait un pied de nez. Si l’on veut des gages d’intelligence, il y a les « bouf­fon­ne­ries ver­bales » écrites par Valère Nova­ri­na, et des mor­ceaux de Pur­cell, Gou­nod ou Bern­stein. À tra­vers les pay­sages numé­riques d’Adrien Mon­dot et Claire Bar­dainne, nous voi­là embar­qués dans un cirque où le rire comme le beau se téles­copent sans pré­séance.


Paru dans HDS.mag n° 39, jan­vier-février 2015.


  1. Théâtre 71 de Mala­koff du 3 au 12 février 2015